L’année 2024 aura tenu ses promesses : entre une Coupe d’Afrique des nations vibrante en Côte d’Ivoire et des Jeux olympiques où le continent a su, par moments, faire entendre sa voix, l’Afrique sportive s’est affirmée. Mais 2025 s’annonce tout aussi intense. Outre les compétitions majeures qui ponctueront l’année, les coulisses du football africain seront en ébullition avec l’élection du président de la CAF et de plusieurs fédérations nationales.

À travers stades et bureaux feutrés, 2025 sera une année de confirmations et de mutations. Le sport africain se jouera sur les terrains, mais aussi dans les instances dirigeantes, où des décisions lourdes de conséquences seront prises.

2. Championnat d’Afrique des nations (CHAN) – Du 1er au 28 février, en Ouganda, Tanzanie et Kenya: Compétition réservée aux joueurs évoluant sur le continent, le CHAN a longtemps été un laboratoire du football africain. Mais cette année, l’absence de poids lourds comme l’Algérie, l’Afrique du Sud, l’Égypte ou la Tunisie, qui ont boudé les qualifications, jette une ombre sur l’événement. Pourtant, l’édition 2025, organisée par trois pays hôtes de la CAN 2027, servira de répétition générale avant l’échéance continentale.

Élection du président de la CAF – 12 mars, Le Caire
Il y a quatre ans, Patrice Motsepe accédait à la présidence de la Confédération africaine de football sans opposition, après le retrait des autres candidats. Cette année encore, le milliardaire sud-africain ne devrait pas être inquiété, malgré un bilan mitigé. La véritable bataille se jouera au sein du comité exécutif, où de nouvelles ambitions se dessinent.

3. Coupe du monde des clubs – Du 14 juin au 13 juillet, États-Unis

C’est une révolution pour le football de clubs : la FIFA inaugure une Coupe du monde élargie à 32 équipes. L’Afrique y envoie quatre représentants : Al-Ahly (Égypte), Wydad Casablanca (Maroc), Mamelodi Sundowns (Afrique du Sud) et l’Espérance de Tunis (Tunisie). Face aux géants européens et sud-américains, ces clubs tenteront de prouver que le football africain n’est plus un simple figurant sur la scène mondiale.

4. Coupe d’Afrique des nations féminine – Du 5 au 26 juillet, Maroc

Initialement prévue en 2024, la CAN féminine a été reportée en raison des Jeux olympiques. Elle se tiendra finalement en juillet 2025, toujours au Maroc. Avec douze équipes engagées, cette édition sera l’occasion de mesurer l’évolution du football féminin africain, notamment face à la domination persistante du Nigeria et aux progrès du Maroc, finaliste en 2022.

5. Afrobasket masculin – Du 12 au 24 août, Angola

L’Angola, onze fois champion d’Afrique, accueillera cette 31e édition du championnat africain de basketball. Parmi les favoris, la Tunisie, tenante du titre, ainsi que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Soudan du Sud tenteront de bousculer la hiérarchie. Une compétition où les talents africains, de plus en plus présents en NBA, viendront affirmer leur suprématie continentale.

6. Championnats du monde de cyclisme sur route – Du 21 au 28 septembre, Rwanda

C’est une première historique : jamais encore un pays africain n’avait accueilli les championnats du monde de cyclisme sur route. Le Rwanda, en pointe sur le développement de ce sport, sera l’épicentre mondial du cyclisme durant une semaine. Kigali et ses collines abruptes promettent un spectacle à la hauteur des ambitions africaines dans cette discipline.

7. Coupe d’Afrique des nations – Du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, Maroc

Le Maroc attendait ce moment depuis 1988. Après avoir renoncé à organiser la CAN 2015 en raison du virus Ebola, il accueille enfin la compétition reine du football africain. Six stades – Casablanca, Rabat, Fès, Agadir, Marrakech et Tanger – seront le théâtre d’un tournoi où toutes les grandes nations africaines seront présentes. Avec des joueurs évoluant dans les plus grands championnats européens, cette CAN pourrait être l’une des plus relevées de l’histoire.

En coulisses, des élections décisives

Au-delà des terrains, l’année 2025 sera marquée par plusieurs scrutins déterminants. En Tunisie, au Cameroun, en RDC et au Tchad, les fédérations de football connaîtront un nouveau président. Samuel Eto’o, après un premier mandat agité, briguera un second mandat à la tête de la Fecafoot. En RDC et en Tunisie, des comités de normalisation nommés par la FIFA tenteront de remettre de l’ordre avant l’échéance électorale.

Un tournant pour le sport africain ?

Le sport est un miroir de la société, et 2025 ne fera pas exception. Entre performances et luttes institutionnelles, l’Afrique tentera d’affirmer sa place sur l’échiquier mondial. Sur les terrains comme dans les bureaux, les enjeux seront majeurs, et les victoires ne se mesureront pas uniquement en médailles ou en trophées.